Dans les cuisines du XVe siècle

À la table du duc de Savoie.

Un cuisinier raconte le festin, les sauces, les épices et les plats servis aux malades. Quinze passages pour lire le plus précieux traité culinaire de la cour savoyarde, sans réécrire le Moyen Âge avec les goûts d’aujourd’hui.

1420 · texte dictéVers 1438–1444 · manuscrit conservéSion · Médiathèque Valais, S 103

Le document original

Un témoignage unique, conservé en Valais.

Maître Chiquart, cuisinier d’Amédée VIII, duc de Savoie, dicta son traité en 1420 à Jehan de Dudens. Le seul manuscrit actuellement connu est une copie du milieu du XVe siècle, datée vers 1438–1444 par son filigrane. Il appartient aux collections de la Médiathèque Valais, à Sion, sous la cote S 103.

Sa description codicologique recense 78 recettes et des conseils de cuisine. Les quinze passages présentés ici ont été choisis parce qu’ils peuvent être rapprochés d’une transcription accessible et d’un folio précisément identifié dans la numérisation.

Comment lire cette sélection

Le folio. Chaque lien ouvre une image du manuscrit. Les repères indiquent une page située dans le passage concerné, pas toujours la première ligne de la recette.

Le commentaire. Les textes ci-dessous sont des reformulations originales : ni transcription intégrale ni traduction reproduite.

La prudence. Les mentions de soins et d’ingrédients précieux appartiennent à l’histoire médicale. Elles ne sont ni des instructions à réaliser ni des recommandations sanitaires.

Cour et organisation

Derrière le banquet

Une grande cuisine demande des réserves, une équipe et une organisation.

Autour du f. 12vVoir le folio 12v ↗

Cour et organisation

Préparer une fête de cour

La cuisine commence avant les fourneaux

Chiquart prend comme point de départ une grande fête réunissant souverains, nobles et prélats. La question initiale n’est pas le dosage d’un plat, mais l’organisation et l’approvisionnement d’une réception considérable.

Éléments mentionnés

  • Approvisionnement
  • Service d’une cour nombreuse
  • Répartition des tâches

Gestes et procédés

  • Planifier avant la cuisson
  • Adapter les quantités au nombre de convives

Ce que ce passage révèle

Une cuisine conçue comme une véritable organisation collective, avec des responsabilités et une logistique de banquet.

Précaution de lecture

Ce programme de fête prestigieuse ne décrit pas le repas d’une famille paysanne.

Source : Médiathèque Valais, S 103, feuillet 12v et environs. Intitulé de la section dans la transcription consultée ↗ : Le ravitaillement.

Autour du f. 14rVoir le folio 14r ↗

Cour et organisation

Un inventaire d’épices et de denrées

Muscade, safran, amandes et confiseries

Pour préparer une fête de cour, Chiquart énumère la muscade, le girofle, le macis et le galanga, mais aussi les amandes, le riz, le sucre, les fruits confits, les dattes et les pignons. L’inventaire inclut des matières destinées à décorer les mets et de l’étamine pour les préparations.

Éléments mentionnés

  • Muscade, girofle, macis, galanga
  • Safran
  • Amandes et riz
  • Fruits confits et dattes
  • Pignons et sucre

Gestes et procédés

  • Dresser l’inventaire
  • Anticiper les réserves
  • Prévoir le décor des plats
  • Préparer les matières nécessaires aux sauces

Ce que ce passage révèle

Le répertoire d’une cuisine aristocratique mobilise des produits venus de circuits commerciaux multiples. La décoration et les condiments font partie de l’approvisionnement, pas seulement les viandes.

Précaution de lecture

Les chiffres de ces très grandes provisions correspondent au programme d’une fête exceptionnelle ; il serait trompeur de les convertir en quantités pour une recette de ménage. Certaines conversions modernes de la transcription nécessiteraient un contrôle métrologique indépendant.

Source : Médiathèque Valais, S 103, feuillet 14r et environs. Intitulé de la section dans la transcription consultée ↗ : Le ravitaillement.

Autour des ff. 15r–15vVoir le folio 15r ↗

Cour et organisation

Les grandes marmites et les douze mortiers

Une cuisine équipée pour des centaines de services

La liste prévoit de grands chaudrons, des poêles à suspendre, des marmites, des mortiers, des récipients et des grils. Chiquart distingue la cuisson des viandes, les potées et la préparation des sauces.

Éléments mentionnés

  • Chaudrons et marmites
  • Poêles à suspendre
  • Mortiers
  • Grils et broches en fer

Gestes et procédés

  • Organiser les postes de cuisson
  • Broyer pour les sauces
  • Cuire au pot et sur la braise
  • Prévoir des ustensiles en métal

Ce que ce passage révèle

Le mortier n’est pas un détail : broyer les aromates et fabriquer des liaisons sont des opérations centrales qui exigent des postes et du personnel.

Précaution de lecture

La liste fournit des besoins projetés pour un banquet exceptionnel, non l’inventaire archéologique d’une cuisine effectivement fouillée. Les nombres ne constituent pas un standard médiéval universel.

Source : Médiathèque Valais, S 103, feuillet 15r et environs. Intitulé de la section dans la transcription consultée ↗ : Le ravitaillement.

Autour des ff. 16v–17rVoir le folio 16v ↗

Cour et organisation

Poissons de mer et poissons d’eau douce

De la mer aux lacs et aux rivières

Le texte distingue les produits marins — dont congres, merlus, soles, thons et anchois — des poissons d’eau douce, tels les truites, brochets, carpes, perches, féras et écrevisses.

Éléments mentionnés

  • Poissons marins frais ou conservés
  • Truites
  • Brochets et carpes
  • Féras et perches
  • Écrevisses

Gestes et procédés

  • Prévoir les arrivages
  • Distinguer les origines des poissons
  • Adapter les provisions au service

Ce que ce passage révèle

La diversité des espèces mentionnées ouvre une fenêtre sur la géographie alimentaire d’une cour : certaines ressources sont locales ou régionales, d’autres supposent des échanges.

Précaution de lecture

Une liste d’approvisionnement ne prouve pas que tous ces poissons aient réellement été servis ensemble lors d’un banquet donné. Les identifications des noms médiévaux restent parfois discutables.

Source : Médiathèque Valais, S 103, feuillet 16v et environs. Intitulé de la section dans la transcription consultée ↗ : Le ravitaillement.

Autour du f. 17vVoir le folio 17v ↗

Cour et organisation

Des couteaux pour dépecer, découper et dresser

Les gestes réclament des outils spécialisés

Le texte différencie de gros couteaux à deux mains pour dépecer les bœufs, des couteaux de service pour le dressage et d’autres destinés aux potées, aux farces, aux volailles et aux poissons.

Éléments mentionnés

  • Grands couteaux à deux mains
  • Couteaux de dressage
  • Outils de découpe
  • Volailles et poissons à préparer

Gestes et procédés

  • Dépecer
  • Découper finement
  • Dresser sur les plats
  • Distribuer les tâches

Ce que ce passage révèle

Une cuisine de banquet ne consiste pas en un unique chaudron : le savoir-faire du personnel et l’usage d’outils distincts structurent chaque étape du service.

Précaution de lecture

Le passage décrit une organisation souhaitée et ne renseigne pas à lui seul les règles de sécurité ou d’hygiène d’aujourd’hui.

Source : Médiathèque Valais, S 103, feuillet 17v et environs. Intitulé de la section dans la transcription consultée ↗ : Le ravitaillement.

Autour du f. 18rVoir le folio 18r ↗

Cour et organisation

Cuisiner toute la nuit en hiver

Torches et chandelles pour surveiller les cuisines

Chiquart prévoit torches, bougies et chandelles de suif afin de permettre le contrôle nocturne des postes de boucherie, de poissonnerie et de pâtisserie lorsque la fête a lieu en hiver.

Éléments mentionnés

  • Torches
  • Bougies
  • Chandelles de suif
  • Combustibles

Gestes et procédés

  • Surveiller les postes la nuit
  • Organiser les équipes
  • Prévoir l’éclairage hivernal

Ce que ce passage révèle

Avant l’éclairage électrique, la préparation d’un grand banquet exige un calcul des ressources de lumière autant que de nourriture.

Précaution de lecture

Ces indications ne sont pas des conseils de cuisson ou de sécurité incendie à reproduire : elles documentent un contexte ancien.

Source : Médiathèque Valais, S 103, feuillet 18r et environs. Intitulé de la section dans la transcription consultée ↗ : Le ravitaillement.

Plats et brouets

Les saveurs de cour

Bouillons épicés, amandes, verjus, couleurs et techniques de dressage.

Autour des ff. 19r–19vVoir le folio 19r ↗

Plats et brouets

Le premier service des grandes viandes

Bœuf, mouton et accompagnements de saison

Le premier service présente de larges morceaux de bœuf et de mouton. D’autres plats réunissent des viandes salées saisonnières, avec porée verte et moutarde ; un brouet blanc sur chapons est également prévu.

Éléments mentionnés

  • Bœuf
  • Mouton
  • Viandes salées de porc
  • Porée verte
  • Moutarde et brouet blanc

Gestes et procédés

  • Découper en grands morceaux
  • Présenter sur de vastes plats
  • Associer une sauce au service
  • Tenir compte de la saison

Ce que ce passage révèle

La succession des mets et leur présentation soulignent la place du cérémonial ; le choix de salaisons varie selon la saison.

Précaution de lecture

Ce menu est un programme de service aristocratique. Il ne représente ni l’alimentation quotidienne des habitants de Savoie ni une recette unique aux proportions connues.

Source : Médiathèque Valais, S 103, feuillet 19r et environs. Intitulé de la section dans la transcription consultée ↗ : Le ravitaillement.

Autour des ff. 21v–22vVoir le folio 21v ↗

Plats et brouets

Le brouet de Savoie

Une potée verte aux herbes et aux épices

Volaille et autres viandes cuisent dans un bouillon avec du porc maigre et un bouquet d’herbes. Du persil broyé, de la mie de pain et des épices donnent corps à la sauce ; vin et verjus règlent son équilibre.

Éléments mentionnés

  • Volaille
  • Porc maigre
  • Persil et herbes
  • Mie de pain
  • Gingembre, maniguette, poivre
  • Vin et verjus

Gestes et procédés

  • Piler au mortier
  • Lier à la mie
  • Passer à l’étamine
  • Ajuster la couleur au safran

Ce que ce passage révèle

Le vert du persil est délibérément travaillé. Le safran peut modifier la nuance : la couleur fait partie du soin apporté au plat.

Précaution de lecture

Les quantités sont données selon l’importance du service ; il n’existe pas ici de version domestique mesurée.

Source : Médiathèque Valais, S 103, feuillet 21v et environs. Intitulé de la section dans la transcription consultée ↗ : Un brouet de Savoie.

Autour des ff. 26r–26vVoir le folio 26r ↗

Plats et brouets

Le second service des rôtis et de leurs sauces

Chevreau, porcelet, gibier et sauces appropriées

Le second service réunit des viandes rôties et des oiseaux, présentés sur de grands plats. Chiquart nomme plusieurs associations : sauce cameline pour certains gibiers, verjus vert pour le chevreau rôti et saupiquet pour le porc gras.

Éléments mentionnés

  • Chevreau et porcelet
  • Veau, porc et mouton
  • Oisons et chapons
  • Faisans, perdrix et pigeons
  • Cameline, verjus vert et saupiquet

Gestes et procédés

  • Rôtir diverses viandes
  • Présenter les pièces entières ou en grands morceaux
  • Choisir des sauces selon les espèces

Ce que ce passage révèle

Le service médiéval ne repose pas sur une seule sauce universelle. Le texte associe délibérément certaines préparations à certaines viandes et fait du dressage un signe de magnificence.

Précaution de lecture

Les mots « cameline », « janse » ou « saupiquet » renvoient à des sauces médiévales ; leur composition exacte ne peut pas être déduite de cette seule énumération. Cette description ne constitue pas une recette complète.

Source : Médiathèque Valais, S 103, feuillet 26r et environs. Intitulé de la section dans la transcription consultée ↗ : L e second service de rôtis.

Autour des ff. 37v–38rVoir le folio 37v ↗

Plats et brouets

Les poireaux blancs

Poireaux, bouillon et amandes

Les poireaux sont blanchis avec de l’échine de porc salée. Leur bouillon sert à délayer des amandes ; les poireaux sont ensuite finement coupés et broyés avant de rejoindre cette préparation.

Éléments mentionnés

  • Poireaux
  • Échine de porc salée
  • Amandes blanches
  • Bouillon de viande

Gestes et procédés

  • Faire bouillir
  • Conserver un bouillon
  • Broyer au mortier
  • Épaissir aux amandes

Ce que ce passage révèle

L’amande sert à élaborer une sauce nourrissante : la recette ne ressemble pas à notre poireau à la crème.

Précaution de lecture

Ce plat contient des ingrédients d’origine animale ; son titre seul ne permet pas de le classer parmi les mets végétariens.

Source : Médiathèque Valais, S 103, feuillet 37v et environs. Intitulé de la section dans la transcription consultée ↗ : Les poireaux blancs.

Autour des ff. 51v–52rVoir le folio 51v ↗

Plats et brouets

Le brouet de poisson à l’allemande

Une sauce douce et épicée pour le poisson frit

Le poisson frit est servi avec une préparation à base d’amandes, de purée de pois blancs, de vin, de verjus, d’oignons et d’épices. Du sucre, du safran et des dragées interviennent dans l’assemblage.

Éléments mentionnés

  • Poisson
  • Amandes
  • Pois blancs
  • Oignons
  • Vin blanc et verjus
  • Gingembre, girofle, cannelle, safran
  • Sucre

Gestes et procédés

  • Délayer les amandes
  • Passer à l’étamine
  • Faire revenir les oignons
  • Napper le poisson frit

Ce que ce passage révèle

Ce contraste entre poisson, sucre, acidité et épices permet de mesurer l’écart avec les catégories contemporaines du salé et du sucré.

Précaution de lecture

Le titre « à l’allemande » est celui du texte : il ne démontre ni une origine nationale moderne ni une pratique générale des régions germanophones.

Source : Médiathèque Valais, S 103, feuillet 51v et environs. Intitulé de la section dans la transcription consultée ↗ : Le brouet de poisson à l'allemande.

Autour des ff. 77v–78rVoir le folio 77v ↗

Plats et brouets

Le « chaud manger » partagé

Un porc haché dont la présentation est divisée en deux

Une viande de porc cuite est finement hachée, associée à une liaison de pain trempé, de bouillon, d’œufs et d’épices. Au service, seule une moitié de la préparation est recouverte de cannelle et de sucre.

Éléments mentionnés

  • Porc
  • Pain et bouillon
  • Jaunes d’œufs
  • Gingembre et poivre
  • Safran
  • Cannelle et sucre

Gestes et procédés

  • Hacher la viande cuite
  • Lier aux jaunes d’œufs
  • Travailler le verjus
  • Dresser une moitié poudrée

Ce que ce passage révèle

Le dressage en deux moitiés, l’une poudrée et l’autre non, est central : le spectacle de la table compte autant que le goût.

Précaution de lecture

Le terme médiéval ne désigne pas nécessairement une charcuterie moderne portant un nom voisin.

Source : Médiathèque Valais, S 103, feuillet 77v et environs. Intitulé de la section dans la transcription consultée ↗ : Un chaud manger.

Pratiques de soin

Cuisiner pour les malades

Des préparations liées aux conceptions médicales du XVe siècle, à lire comme des documents et non comme des prescriptions.

Autour des ff. 93v–96rVoir le folio 93v ↗

Pratiques de soin

Le « restaurand » du malade

Un document sur les croyances médicales de cour

Chiquart décrit une préparation de chapon enfermée dans un récipient de verre, avec de l’eau de rose et des objets précieux placés selon les prescriptions médicales de l’époque.

Éléments mentionnés

  • Chapon
  • Eau de rose
  • Perles et pierres précieuses dans des sachets
  • Pièces d’or

Gestes et procédés

  • Préparation complexe
  • Usage présenté comme soumis au médecin

Ce que ce passage révèle

Ce passage témoigne d’une médecine et d’une représentation symbolique des matières précieuses : il est surtout précieux pour l’histoire des croyances.

Précaution de lecture

DOCUMENT HISTORIQUE UNIQUEMENT. Ce « fortifiant » ne doit pas être reproduit, consommé ni présenté comme un traitement actuel. Aucune efficacité médicale n’est établie.

Source : Médiathèque Valais, S 103, feuillet 93v et environs. Intitulé de la section dans la transcription consultée ↗ : Un fortifiant.

Autour du f. 100rVoir le folio 100r ↗

Pratiques de soin

La purée verte pour les malades

Épinards, persil et huile d’amandes

Le texte prévoit de laver et cuire des épinards et du persil, de les hacher très finement, puis de les préparer avec une huile tirée des amandes. Le service est associé à l’avis du médecin.

Éléments mentionnés

  • Épinards
  • Persil
  • Huile d’amandes
  • Sel

Gestes et procédés

  • Blanchir
  • Hacher menu
  • Presser les amandes
  • Présenter au médecin

Ce que ce passage révèle

L’attention à la texture et à la destination du plat rappelle que Chiquart ne décrit pas seulement les festins, mais aussi des nourritures spécifiques aux personnes malades.

Précaution de lecture

Ce passage ne constitue pas un conseil diététique ou médical moderne ; les indications de soin reflètent leur époque.

Source : Médiathèque Valais, S 103, feuillet 100r et environs. Intitulé de la section dans la transcription consultée ↗ : Une purée verte.

Autour des ff. 103v–104rVoir le folio 103v ↗

Pratiques de soin

L’« emplumeus » de pommes

Pommes cuites dans un lait d’amandes

Des pommes sont cuites à l’eau, coupées finement, puis mêlées à un lait d’amandes confectionné avec leur eau de cuisson. Le sucre intervient en quantité adaptée au service.

Éléments mentionnés

  • Pommes « barberines »
  • Amandes douces
  • Sucre
  • Un peu de sel

Gestes et procédés

  • Cuire les pommes
  • Broyer les amandes
  • Préparer un lait d’amandes
  • Hacher finement

Ce que ce passage révèle

La texture compte autant que le goût. La recette montre l’usage du lait d’amandes dans une préparation fruitée destinée au service du malade.

Précaution de lecture

Ne pas assimiler sans preuve ce mets du XVe siècle à une compote ou à une mousse de pommes contemporaine.

Source : Médiathèque Valais, S 103, feuillet 103v et environs. Intitulé de la section dans la transcription consultée ↗ : Une mousseline de pommes.

Ce que la comparaison nous enseigne

Une cuisine différente dans ses goûts comme dans ses finalités.

Les amandes, bien plus qu’un fruit sec

Le lait et l’huile tirés d’amandes composent des sauces, des brouets et des mets pour les malades. Cela éclaire le rôle de ces produits dans les cuisines aisées du XVe siècle.

Épices, sucre, verjus : d’autres équilibres

Un poisson peut recevoir une sauce à la fois douce, acidulée et épicée. Nos frontières habituelles entre plat salé et dessert ne s’appliquent pas mécaniquement.

Le service est une mise en scène

Le partage d’une préparation en deux moitiés et la décoration à la cannelle montrent qu’une cour aristocratique mange aussi avec les yeux.

Sources et limites de cette édition

Manuscrit : Sion, Médiathèque Valais, S 103. Description établie par Nadia Togni pour e-codices (2010), avec les dates, la cote, la provenance et les folios. Consulter le catalogue ↗.

Passages : quinze passages issus de la transcription et traduction accessible sur le site Histolf (ULB), confrontées à leurs repères de feuillets dans le fac-similé numérique. Consulter les textes de référence ↗.

Bibliographie pour approfondir : Terence Scully, « Du fait de cuisine par Maistre Chiquart, 1420 », Vallesia, 40 (1985), p. 101–231 (référence signalée par e-codices, non consultée intégralement). Nous n’attribuons pas à cette étude des affirmations sans en avoir contrôlé le passage exact.

Portée : quinze passages commentés sur un ensemble de 78 recettes répertoriées. Les feuillets reliés ne constituent pas un livre de recettes modernes ni un panorama de la cuisine paysanne. La Savoie historique ne doit pas être assimilée au territoire suisse actuel.

Poursuivre ce voyage culinaire.

Le récit remonte jusqu’au pain néolithique, traverse l’époque romaine et se prolonge par les premiers livres de cuisine imprimés.

L’histoire longue de la tableLes livres de cuisine anciens