Accueil / Aux origines de la table L’histoire de l’alimentation sur le territoire suisse
Bien avant les recettes, il y avait la table. Des premières céréales aux manuscrits de Sion : un voyage dans les traces de ce que les hommes et les femmes ont cultivé, préparé et partagé, sur le territoire de la Suisse actuelle.
Une histoire de preuves
Nous ne prétendons pas découvrir une « recette suisse » en 6500 avant notre ère. Les vestiges révèlent des ressources, des techniques et des échanges ; les textes témoignent de pratiques plus tardives. Les frontières modernes ne doivent pas être projetées sur les populations anciennes.
15 jalons documentés6 grandes périodes12 références et fac-similés
Les ressources naturelles La révolution agricole Les premières transformations Des tables romaines très différentes Cuisiner, écrire, partager La recette entre dans le livre Avant l'agriculture
Les ressources naturelles Chasse, pêche et cueillette dans des milieux changeants.
Paléolithique Hauterive (NE)
Avant les fermes La chasse, la pêche et la cueillette dépendent des paysages et des saisons.
Ce que l’on sait À Hauterive-Champréveyres, les vestiges osseux permettent d’étudier le gibier consommé.
Ce qu’on ne peut pas conclure Ni menu complet, ni recette identifiable.
Voir les sources documentaires Vers 6500 à 2500 av. J.-C.
La révolution agricole L'installation progressive des champs, des troupeaux et des villages.
Vers 6500 av. J.-C. Territoire suisse actuel
Premières traces agricoles Les pollens de céréales donnent des indices très anciens d’interventions humaines.
Ce que l’on sait Le DHS distingue ces pollens des macrorestes conservés à partir de 4300 av. J.-C.
Ce qu’on ne peut pas conclure Un pollen ne renseigne pas le menu.
Voir les sources documentaires Vers 5400 av. J.-C. Plateau et Alpes
Les premiers troupeaux Des moutons, chèvres, bovins et porcs rejoignent progressivement les ressources sauvages.
Ce que l’on sait Les restes animaux permettent de retracer les changements de l’élevage.
Ce qu’on ne peut pas conclure L’élevage ne démontre pas encore la fabrication de fromage.
Voir les sources documentaires 5000–500 av. J.-C. Région alpine
Les villages des rives Dans les sols humides, du bois et des aliments se conservent exceptionnellement.
Ce que l’on sait L’UNESCO recense 111 sites inscrits, dont 56 en Suisse, sur plusieurs millénaires.
Ce qu’on ne peut pas conclure Ne représente pas une seule cuisine ni un village unique.
Voir les sources documentaires Dès 4300 av. J.-C. Habitats humides
Des graines qui racontent les cultures Les macrorestes conservés permettent de suivre l’agriculture et la cueillette.
Ce que l’on sait L’archéobotanique identifie des espèces végétales dans les couches anciennes.
Ce qu’on ne peut pas conclure Les graines ne prouvent pas une préparation culinaire précise.
Voir les sources documentaires 3560–3530 av. J.-C. Douanne (BE)
Un pain au levain de plus de cinq mille ans Un fragment de pain retrouvé dans une couche incendiée témoigne d’une fabrication très ancienne.
Ce que l’on sait La couche de Douanne est datée entre 3560 et 3530 av. J.-C. selon le DHS.
Ce qu’on ne peut pas conclure Ce pain n’est pas l’ancêtre démontré d’une spécialité moderne.
Voir les sources documentaires Âge du Bronze et premier âge du Fer
Les premières transformations Diversification des cultures, conservation et échanges.
2200–800 av. J.-C. Plusieurs régions
Millet, fèves et nouveaux usages Les cultures se diversifient et les sociétés expérimentent de nouveaux usages alimentaires.
Ce que l’on sait Les vestiges montrent notamment millet et légumineuses ; certains usages brassicoles restent possibles.
Ce qu’on ne peut pas conclure Une graine de millet ne prouve pas une fabrication de bière.
Voir les sources documentaires IIe millénaire av. J.-C. Suisse actuelle
La cire témoigne des abeilles Des traces archéologiques de cire permettent de documenter l’apiculture.
Ce que l’on sait Le DHS mentionne la cire en Suisse au IIe millénaire avant notre ère.
Ce qu’on ne peut pas conclure L’apiculture ne date pas un biscuit particulier au miel.
Voir les sources documentaires Ier au Ve siècle
Des tables romaines très différentes Importations, banquets et différences sociales.
Vers 39 apr. J.-C. Augusta Raurica
Un banquet raconté par ses déchets Os et amphores renseignent une table romaine privilégiée, pas le repas de tous.
Ce que l’on sait Le musée décrit une fosse de banquet, 593 fragments osseux et des importations de produits raffinés.
Ce qu’on ne peut pas conclure Une occasion exceptionnelle ne révèle pas tout le quotidien romain.
Voir les sources documentaires Époque impériale Helvétie romaine
Des goûts venus de Méditerranée La sauce de poisson garum et d’autres produits circulent jusque dans les milieux aisés.
Ce que l’on sait Les sources documentent des importations, des épices et des écarts sociaux à table.
Ce qu’on ne peut pas conclure Le garum n’était pas une spécialité suisse ni un aliment universel.
Voir les sources documentaires Xe au XVe siècle
Cuisiner, écrire, partager Monastères, marchés, comptes et manuscrits de cour.
Avant 1025 Saint-Gall
Le repas entre dans la littérature monastique Ekkehard IV mentionne des pains, poissons, légumes, viandes, fruits et boissons.
Ce que l’on sait Ses Benedictiones ad mensas constituent un témoignage textuel précieux.
Ce qu’on ne peut pas conclure La liste contient aussi des références littéraires ; ce n’est pas un menu paysan.
Voir les sources documentaires XIIIe–XVe siècles Laufon (BL)
Les grains sauvés par un incendie Des maisons incendiées ont livré avoine, épeautre, orge, millet, pois et lentilles.
Ce que l’on sait Les restes carbonisés complètent les sources écrites urbaines souvent sélectives.
Ce qu’on ne peut pas conclure On n’en connaît pas automatiquement les proportions dans tous les repas.
Voir les sources documentaires Dicté en 1420 ; copie du milieu du XVe siècle Savoie et Sion
Le cuisinier du duc laisse un manuscrit Du fait de cuisine décrit une cuisine de cour transmise par un unique manuscrit conservé à Sion.
Ce que l’on sait Les feuillets 2r et 11r ont été examinés visuellement ; e-codices identifie 78 recettes et une dictée à Jehan de Dudens.
Ce qu’on ne peut pas conclure La Savoie historique dépasse la Suisse actuelle. La copie n’est pas de 1420 et la cuisine de cour n’est pas celle de tous.
Voir les sources documentaires Lire les huit passages commentés du manuscrit ↗
1438 Chantier de Bâle
La table apparaît dans les dépenses Des comptes distinguent les achats de viande et de poisson.
Ce que l’on sait Pour l’entretien des ouvriers, le DHS cite 54 % de dépenses pour la viande et 27 % pour le poisson, céréales exclues.
Ce qu’on ne peut pas conclure Ces pourcentages sont des coûts, ni poids ni calories, et ne décrivent pas toute la société.
Voir les sources documentaires À partir du XVIIIe siècle
La recette entre dans le livre Des imprimés à comparer édition par édition.
1798 et 1817 Genève
Deux versions d’une recette peuvent être comparées Les cardons apparaissent sous deux intitulés dans deux éditions d’un livre de cuisine.
Ce que l’on sait Les pages 69–70 et 96–97 de 1798 ont été rapprochées des pages 77 et 106 de 1817.
Ce qu’on ne peut pas conclure La collation de deux préparations n’établit pas une identité complète des livres ou un gratin moderne ni une AOP contemporaine.
Voir les sources documentaires Comment distinguer le certain du possible ? Le vestige Un grain, un os ou une poterie prouve d’abord la présence d’un matériau dans un contexte de fouille : rarement une recette détaillée.
Le texte Un manuscrit ou un compte permet de nommer des aliments et des gestes, mais reflète son auteur, son époque et son milieu social.
La continuité Deux recettes peuvent se ressembler sans que l’on puisse démontrer une transmission ininterrompue de plusieurs siècles.
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Du manuscrit à l’assiette d’aujourd’hui. Pour les spécialités identifiables par leur nom, nous revenons aux attestations plus récentes ; pour les éditions qui subsistent, nous comparons seulement les pages réellement consultées.